Biographie / Parcours

« Les strates aux teintes d’ocre d’une falaise d’argile.

Les aspérités d’une roche, les traces de l’érosion.

De petits cristaux de quartz qui tapissent les parois d’une cavité.

Le dessin ordonné des fissures sur la terre au fond d’un lac asséché…

La beauté des roches, de la terre et de leurs minéraux me fascinent depuis mon plus jeune âge. Je suis potier.  La terre, n’est pas seulement une matière première. C’est une source inépuisable d’inspiration. Je suis autant artisan que spectateur. J’assiste à chaque étape de travail aux transformations de la matière: Les premières sensations sont presque organiques: Au départ, l’argile est souple et gorgée d’eau. Sur le tour, il faut maîtriser son mouvement, dompter la terre et la force centrifuge. Puis la terre perd progressivement son humidité, elle se raffermit, au toucher, elle donne la sensation d’une peau. C’est à ce moment que je grave mes motifs en cisaillant la terre encore légèrement souple. Je trace des lignes, comme des cicatrices, des motifs répétitifs qui rythment la surface de mes pots et qui jouent avec leurs silhouettes.

L’argile sèche est sableuse et fragile. Il faudra souvent plusieurs cuissons, et parfois de l’émail, des oxydes métalliques ou un enfumage pour que le grès prenne son aspect définitif. J’aime que les phénomènes de cuisson viennent transformer mes motifs. Plus ou moins vitrifié, plus ou moins poreux, le grès est une roche, presque la même que celle qui est à l’origine de l’argile. 

Je suis autodidacte. J’ai appris seul. Au départ juste un tour de potier, quelques kilos de terre, de la persévérance et beaucoup d’envie. J’apprendrai encore toute ma vie. Aujourd’hui, il m’arrive régulièrement de sacrifier la vocation de contenant au profit de choix esthétiques. Mes pots n’ont alors plus rien à contenir, rien d’autre qu’un témoignage: celui de mon amour de la terre. »

Ces 2 dernières années, Grégoire Lemaire a exposé ses céramiques à Paris et dans la région du Loiret. Il a également participé à la fête de la céramique au Jardin de la Genevraye en septembre dernier. C’est à Saint Germain des prés, dans le quartier historique des galeries d’art qu’il passera les fêtes de fin d’année 2018 dans le cadre de l’exposition « Lumière Subtile » de la galerie French Arts Factory.